A la fin du siècle dernier, des noms prestigieux furent utilisés : les services Louis XV, Louis XVI, Maintenon, Montespan, Du Barry, Rubens. Les noms de lieux suivirent, proches de l'usine : Mehun eut son service plissé, puis le Chancenay (hameau situé entre Mehun et Foëcy) et le Rocailles Nevers (service certainement créé quand Pillivuyt exerçait une activité dans cette ville).

La ligne « Standard » évoquait plus l'ordinaire, prouvant peut-être le développement populaire d'une ligne simple, pour une restauration réclamant du solide. Qui n'a pas chez lui une assiette Standard de Pillivuyt ! Puis la géographie se mêla à l'histoire.

Les théières Londres, la ligne P comme Paris, le service Nil, création venue de l'extérieur dans les années 1950 (curieusement appelé Eva en mince), Océane en 1965 et dès 1968, se voulant déjà en avance sur 1992, une ligne de restauration complète Europe. Un accent de modernisme apparaît avec les assiettes carrées Méditerranée qui, pour des raisons commerciales, et, sans doute, pour ne pas troubler la clientèle deviendront Languedoc un peu plus tard. Restons côtiers avec les théières et tasses Atlantic.

En 1973, sans doute un manque d'inspiration ou un excès de chauvinisme local fait apparaître les assiettes Bourges ainsi que des lignes de tasses créées dans la même période qui ne verront jamais le jour furent appelées Preuilly, Quincy, Reuilly l'instinct toujours local appuyé d'une idée valorisante pour les vignobles de la région ! On continue avec beaucoup de succès en 1982 avec une belle ligne nouvelle de restauration complète, la première depuis Europe en 1965 : c'est Sancerre. Restons local et vigneron. Une discussion de quelques minutes eut lieu pour choisir ce nom, avec le Directeur de l'époque, l'amitié l'emporta sur le raisonnable, l'épouse du dessinateur de cette ligne était originaire de cette charmante localité.

1985, donne le jour à une ligne rayonnante à 12 pans, c'est le soleil qui inspira les nominateurs. Hêlios le dieu grec du Soleil « une ligne d'une élégance intemporelle, une qualité définitive de distinction et une pointe d'austérité 1930 », les mots et leur musique, c'est le côté publicitaire des définitions créatives.

En 1988, une ligne plus classique, festonnée, à l'élégance italo-antique sera baptisée Toscane, ce qui inspira une nouvelle fois l'agence de publicité de notre société qui écrivit : « la ligne Toscane, à table, c'est comme une évocation de colonnades ensoleillées, des ondulations serpentines, des courbes arborant une allure florentine, à elle seule plus qu'un décor, c'est une poésie ! La Toscane n'est-elle pas — dit-on — le Jardin de l'Italie. Quelques heures auront suffit, à la table d'un bon restaurant à trouver le nom de baptême. Peut-on rêver d'un endroit meilleur pour choisir le nom d'une ligne prestigieuse pour la restauration élégante : Toscane ».

Les pieds de lampe en porcelaine furent autrefois fabriqués en grande quantité. Pillivuyt possède une importante collection de ces articles : des plus classiques aux plus modernes. Curieusement, à quelques rares exceptions près les pieds de lampes ont toujours été porteurs d'un prénom. Sur une quarantaine de pieds de lampe de chevet ou d'ambiance (en différentes tailles) une trentaine portent un prénom. Ceux-ci étaient inspirés soit par le hasard du calendrier (pour un client il avait été entendu que toutes ces lampes commenceraient par un A, malheureusement il s'est arrêté à 2 ! Agathe, Amandine) soit le plaisir d'honorer une personne dirigeante de l'entreprise (lampe Charles, Edmond, René, Georges, Nicole...), par l'affectif : la femme, les enfants du directeur (Solange, Dominique) ou d'un responsable commercial (Stéphanie) ou même de la secrétaire ou standardiste du service (Corine). Les autres lampes portent des noms anciens Louis XVI, Louis XVIII ou définissant la forme : Flambeau, Torse ou le nom du client Bloch, Gefal cas plus rares. Deux lampes inspirées par un créateur des années 70 portent des noms d'animaux Ocelot et Marmotte, la série a été interrompue par le départ du créateur.

Les gammes culinaires bénéficient d'appellation moins poétique. Le créateur est plus sensible à la fonction en baptisant les pièces du nom du service qu'elles rendront ou du mets qui sera réalisé : le plat à sole (pour cuire la sole !), le plat ovale ou rond à oreilles, le plat à rôtir, le plat à dinde, le lèchefrite (pour le four). Citons la terrine à pâté ou rectangulaire appelée « gîte à pâté » chez Pillivuyt, on se rappelle que le mot gîte désigne le logis du lièvre ! Dans les dernières années de 1986 à 1988, on assistera à la création de gammes aux noms plus modernes. Les encastrables carrés multifonctions, les encastrables à gratins, à soufflés, à rôtir, puis les modulables qui invitent à une évolution certaine dans l'art et la manière, de ranger, de stocker et de vivre différemment.


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